On crève d'élégance au bord des eaux fardées de blond, de somnolence indécente loin des fardeaux de James dean morts-nés qui se font la peau sous les tôles
froissées de sémillants dragons. On crève aux abcès d'autres particules sans trop savoir pourquoi nous n'en sommes qu'à tirer des bords au large de trop curieux crépuscules qui sans cesse
reviennent, on se perd vers de trop nombreux Nords, de trop vagues îles, on avance au pas des goélands boiteux.
On crève, secs de rien à l'intérieur aux monts sableux de ventres de dunes, nombrils effacés au premier vent d'ailleurs,
On crève de ne savoir que faire de tout ce corps qui reste
On crève de n'avoir rien d'autre affaire que crever
On crève pour le silence que l'on fera après.
Aux bords des eaux ...
Par Remo
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Un texte d' Asariesha que je viens de retrouver, comme on retrouve une vieille photo coincée entre les pages d'un bouquin q'on avait pas lu depuis ... Houla ...
depuis ...
Je t'aurai bien aimé une fois ou deux. Une fois ou deux mais jamais trois. Une fois a suffit le long d'une berge chromée, alanguis sous les vents électriques du
monde acrocyanosé. On se baisait les lèvres, à coup de gerçures et de baume calin. Des vomissures plein les entrailles, de nos vies spectrales, chacun à un bout de l'horizon. On se promettait
déjà l'évidence, l'ultime, les promesses sucrées menant au diabète de l'âme. Toi, tu t'alcoolisais, tandis que je me droguais au bouche-à-bouche avant de sombrer dans la conscience acquise,
balancée au bout de ma corde invisible. Le blocage à coup de lucid dream, fashion victims de l'amour éthéré sur un matelas de piques. L'ordure du voyage mesquin, la route de l'inaccéssible, le
coeur divisé en deux, trou noir au milieu. On s'est bien asphyxié, cet après-midi là, au bord d'un étang gris, à n'être que deux courants d'air de l'action inutile. Même pas un duvet de pétales
ensanglantées pour nous accueillir, la beauté du geste et de l'esprit. Deux restos, un café, et la ballade des gens heureux !
Par Remo
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Des trois apparitions, la première me fut la plus douce, j'en conclu rapidement qu'il me fallait oublier les deux autres et c'est ce que je m'efforcais de faire à
cet instant.
J'ai posé la boîte dans la bagnole, sur le siège passager, démarré et suivi la route jusqu'au premier rond-point, là j'ai bifurqué à gauche pour traverser le village et je me suis enfoncé dans la
campagne en suivant le chemin communal 337.
La boîte gémissait et s'entrouvrait lentement, une longue plainte sourde envahissait l'habitacle, quelque chose qui devenait lourd au fur et à mesure qu'elle remplacait l'air que je conditionnais
pourtant de manière automatique, quelque chose qui pesait tellement que mes mains finirent par lacher le volant pour venir se plaquer contre mes cuisses. Mon pied droit appuyait sur
l'accélérateur et, bien que tortueux, le chemin défilait toujours sous les roues de la voiture sans que celle-ci n'aille se vautrer dans le premier fossé,.La boîte s'ouvrait encore, de sa gueule
béante sortait désormais un bruit chaud et puant et noir, La voiture ralenti sans que mon pied ne quitte la pédale, on dépassa un calvaire puis un bosquet de saules ... STOOOOOP !!!!
J'ai essayé de crier, l'air était si épais qu'aucun son ne sortait de ma bouche et je n'ai eu que la sensation du réflexe de freiner, mon corps n'a pas bougé.
La voiture s'est arrêtée pourtant ... après avoir roulé sur ... non, ça ne pouvait pas être ça.
Mon regard s'est posé sur le rétroviseur; à deux cent mètres environ derrière moi, ce qui semblait être une foule énorme s'avançait, une vague de corps se déplaçant lentement, une vague
hurlante de cris aiguës, une vague puissante qui se trouvait désormais à cent mètres à peine.
Je me suis pissé dessus, je voulais que la bagnole démarre, je voulais hurler, je voulais décoller ces putains de mains de mon corps, ouvrir la portière et me barrer en courant, il y eu un
ronflement et la voiture a reculé, repassant sur le corps et la boîte s'est tordue de manière répugnante.
Je l'ai vue. Elle s'est relevée, à regardé par delà le véhicule.
Rétroviseur.
Les autres étaient là. J'entendais leurs mains frapper la carosserie, je voyais leurs visages se tordre sur les vitres, masses difformes et mélées qui peu à peu se mélèrent en une sorte de gelée
opaque et puis ... et puis plus rien.
Je me suis retrouvé en sueur sur la banquette arrière d'une limousine de collection, Simon conduisait et Jean parlait sans que je ne l'entende vraiment, près de moi une boîte, toute petite boîte
noire cerclée d'or;
Jean s'est retourné, m'a fait un clin d'oeil et, désignant la boîte, m'a signifié qu'il était temps de la lui confier;
- Les alliances, c'est toujours à la charge du témoin de les perdre éventuellement !
Et il m'a gratifié d'un sourire que je ne voulais plus jamais voir.
notice :modifié le 30/06/09 pour voir si c'est mieux comme ça.
Par Remo
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[ Au risque de rompre la solitude, il faut dénouer nos corps.]
Ilona le matin rêve de sucres d'orge, elle se détend de nuits de peaux collées et tisse ses draps de toiles de bras comme si l'air lui pesait, elle ignore les fissures des volets qui
l'effilochent, Ilona se reveille doucement sans l'ombre d'un doute sur ce qui s'est passé, elle sait ce que c'est.
Ilona effleure ses à-côtés.
Ilona voudrait se lever autre part qu'ailleurs et ne plus remplir les verres que de poussière, autre chose que ses lèvres posées aux bords, ilona voudrait bien d'autres choses encore ...
Alors Ilona se lève et va gerber sa nuit , elle vomit ce qu'elle n'a plus et tire sa langue comme si elle devait lécher l'émail des chiottes, elle cherche le fond de son ventre avec ses
doigts.
Un homme regarde Ilona pleurer.
Par Remo
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